19
déc
06

Stage de Survie CEPS

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Je viens de retourner d’un stage de survie que j’ai effectué ce dernier weekend (16, 17 et 18 décembre).

C’était vraiment “salvateur” ! J’ai dû passer 2 nuit dans le froid et l’humidité sans RIEN manger…

Vendredi 16, j’arrive en Bretagne, on se retrouve avec 4 autres stagiaires dans l’arrêt du bus, avant que Yann, l’instructeur du stage, ne vienne nous récupérer avec son Van.

Yann, presque deux mètres, un physique imposant, un vrai mastodante, et du haut de ses 50 ans, il se tient mieux que moi ! Déjà avec cette description, vous vous imaginez le mec macho, imbu de lui-même, mais il n’en ai rien : C’est l’une des personnes les plus sympathiques que j’ai jamais rencontrées.


De retour à la salle de conférence, on commence par un exposé théorique des techniques de stages.

Quelques leçons immédiates :

  • Quant on se retrouve en situation de survie, ne jamais s’affoler : garder son calme et son sang froid, observer autour de soi, planifier, puis passer à l’action !
  • ne jamais frotter une personne victime d’hypothermie, au risque de la tuer

Yann nous annonce que nous n’allons rien manger durant ces 2 jours et nous invite à lui donner tous les objets de civilisation que nous avions : téléphone, montre, bracelet…On lui cède tout.

Une fois le cours terminé, on se dirige vers une tente plantée dehors près d’une rue, c’est ici que nous allons passé la nuit : 12 stagiaires entassés dans la même tente.

J’ai passé une première nuit horrible, tout le monde portait des sacs de couchage, des sursac, des duvets. Moi je découvrais ce vocabulaire pour la première fois. Je croyais que mon éternel manteau allait une fois de plus me sauver. Mal m’en prit : j’ai pas dormi de la nuit ! Mes pieds tremblaient de froid, et j’ai attendu impatiemment le lever du jour.

Enfin ! Je vis qu’on commençait à se réveiller, j’étais alors l’un des premiers à sortir de la tente. J’écrasais au passage plusieurs de mes compagnants (désolé !) tellement je ne voyais plus rien devant moi, et je parviens finalement à sortir de la tente.

Samedi 19, de bonne heure et encore de nuit, nous prenons la route vers notre lieu de survie. Yann collectait des plantes comestibles et des…vers tout au long du chemin. Yann disait : “En situation de survie, il faut apprendre à observer autour de soi et à tout collectionner, car tout peut servir par la suite”.

Une fois arrivé à notre lieu de camping, on a commencé de suite à construite un premier abri pour 3 personnes : un tronc d’arbre coupé et posé contre un autre arbre pour former un triangle droit, des branches tout autour, puis des fougères pour couvrir le tout. Ça peut paraitre simple, mais ça a pris 3 heures à 11 stagiaires pour faire cet abri ! On s’était tous attelé à la tâche calmement et sans se plaindre. C’était un beau travail de groupe.

Une fois l’abri principal terminé, on a commencé à construire nos propres abris : on a posé un tronc d’arbre sur un arbre, puis une bâche sur le tronc, et on a couvert le sol de fougères. Voilà !

Puis, on a construit des lignes de pêcher et on est allé à une rivière proche pour les lancer. Et enfin, de retour au camp, on s’est mis au lit dès 18 h : une nuit très longue s’annonçait !

Avant d’aller dormir, je demandai des couvertures supplémentaires à Yann qui me fournit une couverture de survie à placer sur le sol, et une couverture coréenne. J’allai au lit confiant de passer une bonne nuit, je me disais que ça ne pouvait pas être pire que la nuit précédente.

Première heure, tout se passait plutôt bien, je commençai à sentir les prémisses d’un somme, et j’étais plutôt confortable.

Deuxième heure, l’humidité commence à se faire sentir, le froid commence à manifester, la couverture était déjà trompée d’eau, le tapis de sol était trompé d’eau, et mes chaussettes mouillées de bas en haut.

J’avais froid, mais froid à un point incroyable ! J’essayai toutes les positions avec la couverture pour avoir moins froid, je m’enroulai dedans, je la faisait tourner autour de moi, mais il y avait toujours une partie de mon corps exposé au vent et au froid. Je ne dormis pas.. Je savais déjà que ça ne pouvait continuer comme ça toute la nuit : c’était insupportable, inhumain…

À un moment de la nuit, j’enlevais mes chaussettes croyantes que j’allai avoir moins froids, ce n’était nullement le cas, j’essayai alors de les retrouver : en vain ! Je ne sais plus ou est ce que je les avais mises, je cherchais, je cherchais : RIEN.

J’ai passé 4 heures sans chaussettes, souffrant de froid atroce, imaginant déjà ce que serait que la mort, incapable d’aller demander de l’aide tellement j’avais faim, mais en faîte en y repensant, ce n’était pas la faim qui m’a retenu : je ne voulais sûrement pas m’avouer vaincu en allant demander de l’aide. Cette nuit, j’avais une épreuve à passer, à passer tout seul.

Je voulais oublier ce froid, j’ai trouvé un papier dans mon manteau, je le prenais et je commençais à écrire dessus “Froid, froid, froid, j’ai tellement froid”, je voulais me concentrer sur quelque choses pour faire passer les heures, mais c’était interminable, infini…

Mes cheveux étaient mouillés, on dirait que je sortais de douche, le tapis de sol est devenu tout mouillé. Maintenant c’était non seulement froid, mais humide en plus….

Je croyais que la nuit n’allait jamais finir…alors, je n’ai pas cru mes oreilles quand j’ai entendu des mouvements au loin. Je restais dans la tente quelques instants, puis en me levant, je vis tous les regards braqués vers moi : tout le monde s’était demandé comment la nuit allait se passer pour moi. Déjà qu’ils avaient eu froid dans leur sac de couchage…. Ça m’avait fait chaud au coeur en tout cas !

J’étais fatigué toute la journée de dimanche, et je faisais les activités nécessaires comme un zombie, sans prononcer mot…

Mais je ne garderai que de bons souvenirs de ce stage ! J’ai vécu une réelle situation de survie et j’ai pu voir à quoi je pouvais m’attendre. Je vous le conseille à tous : Yann est quelqu’un de vraiment gentil et qui saura vous met à l’aise rapidement. Et jamais 2 stages ne se ressemblent !

Ceps-Survie



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